Intervention de DOMINIQUE CLIQUET, le 24 octobre 2026.
Depuis les années 1960, de nombreux sites du Paléolithique ancien et moyen (de 320 000 à 40 000) ont été révélés par l’érosion littorale liée à la transgression holocène, dont le gisement du Rozel qui conserve, incorporés à un puissant massif dunaire, des niveaux d’occupations datés entre 115 000 et 70 000 ans. L’accélération de l’érosion, en lien avec le réchauffement climatique, a nécessité la mise en place d’une fouille de sauvetage en 2012 visant à tenter d’étudier avant leur destruction ces sols archéologiques dont l’état de conservation du matériel osseux et des structures (aires de boucherie, amas de débitage du silex, foyers) s’avère exceptionnel du fait d’un recouvrement rapide par du sable éolien.

Mais ce qui fait la notoriété du site, c’est la mise au jour de plus de 3 600 traces et empreintes : pieds, mains, pattes animales, fait actuellement unique pour le monde néandertalien. Tous ces vestiges permettent une bonne approche des modes de vie de ces populations anciennes dans leur contexte environnemental. En 2012, c’est donc une course « contre la mer » qui s’est engagée, à raison de 4 mois de terrain par an, afin de tenter de fouiller la partie la plus menacée de ce site unique.

DOMINIQUE CLIQUET
Conservateur du patrimoine émérite au Service régional de l’archéologie de Normandie
